Darkness

A Miami, au jour le jour, souvent la nuit, à l'arraché sur un coin de table.

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Miami43 A Miami, il y a des blancs dans les échanges, des vides, des mots manquants, des notes perdues. Des blancs le soir qui ratatinent le cœur, des blancs sur les yeux, des absences brusquement fulgurantes, des coups de marteau inappropriés. Lever la tête, se refaire un cerveau, placer plus loin cette main qu'on attendait.

Miami41 A Miami, elle revient d'ailleurs prenant son parti du ouï-dire. Elle tombe en feu. Je la reconnais quand je croise au large, elle a passé des ponts, franchi toutes les passerelles et maintenant la voilà arrêtée à l'orée d'un souffle de vent. Elle referme sur elle la porte d'un motel, choisi depuis longtemps, au fond d'Aventura. Elle est au cœur du monde, bousculée et repue des rêves qui viennent à elle. Elle revient d'ailleurs...

Miami40 A Miami, les perspectives sont ailleurs – dans les ombres bordées de rouge des façades excentrées, au bout des corridors qui les traversent de part en part. Il faut comprendre que rien n'est fini dans notre vision du monde, ni les travées qui débouchent sur le vide, ni les voûtes renversées des trouées que laissent l'éclat des vitres dans la lumière du soir. La lumière tombe sur les ombres, les ombres aboutissent sur le vide qui les absorbe. Il faut admettre la violence des silences et, de bas en haut, dans les reflets blancs et bleus des rêves qui s'effacent, il y a un horizon qui rompt de bout en bout jusqu'au silence qui trouve sa place en nous. Les perspectives sont toujours intermédiaires.

Miami2 copie A l'évidence, ils ont bâti des arpents de pierre et d'obsession, d'espace et de désespoir, de résolutions droites et d'obliques perversions. Ils sont entrés dans leurs rêves, construit des murs, des voûtes, élevé des escaliers tournants, des verrières et des souffles de vide. Me voilà sur leur vide, échevelé de vertiges et de spasmes, dérivant malgré moi dans leur domaine clos de toute part de vent et de lumière, celle des jours finissants. Ils ont atteint la fin du monde. Quelle apparence donnerait un tel artéfact d'entrelacs évidés qui ne résonnent plus que par les ombres qu'ils projettent ?

Miami36 A Miami, je serai méthodique, légèrement décalé, juste assez dans mes pas de côté - en escapade - pour ne pas me prendre trop au sérieux, ni dévot de mes considérations. Seul compte le choix des mots : être exigeant excessivement. Alors écrire n'est pas sans risque, celui, très serein et bien volontaire, de ne pas finir une phrase ou un mouvement et de rester en suspend. Mais j'aurai aimé et garderai, en moi, l'image, la musique et la vie.

Miami35 A Miami, il y a des quartiers où le soleil ne brille pas. Enfin il brille aussi mais loin.

Miami34 Un ami de l'Inde m'écrit :  "He, who writes poetry is not a poet. He whose poetry has become his life, and who has made his life his poetry, it is he who is a poet" (Subramaniam Bharathi). A Miami, hors-bords et hélicoptères volent en grappes dans des cieux séparés.

Miami  A Miami, blanc et or se portent à plusieurs. La vente respecte le code. Mais voilà : "L'action résultant des vices redhibitoires doit être intentée par l'acquéreur, dans un bref délai, suivant la nature des vices redhibitoires, et l'usage du lieu où la vente a été faite" (Code civil, art. 1648, 1804, p. 302).

Miami33 A Miami, l'art se décline en avant et après : avant et sans après. Chacun y va de son centre, de sa patte et de ses arrangements. Mais le rêve est bâclé et il faut imaginer, toujours imaginer, pour drainer le chaland. Exercice épuisant et le chaland passe.

Miami32 A Miami, "How are you" est pour lui le signe d'une arrestation éminente. Il ne parlera donc qu'en présence d'un improbable avocat.

Miami31  A Miami, la fuite en avant n'empêche pas les retournements.

Miam30 A Miami, j'ai lu La nuit sexuelle de Pascal Quignard. Il écrit : "Que celui qui me lit comprenne bien le point de vue où je me place : Tout ce que je dis est mensonge. Tout mythe n'est qu'une tromperie. Toute image un leurre face à l'inconnu qui est au cœur de l'originaire. Je ne surveille avec tant d'application tout l'espace qui m'environne que parce que je cherche avec une fièvre inlassable quelque chose qui manque".

Miami29 A Miami, j'ai rencontré une call girl déguisée en realtor.

Miami28  A Miami, les étages empilent indifféremment grands magasins, bureaux, voitures, lobbies, rampes et escaliers de secours, spa et fitness center, coursives, halls, couloirs, dessertes et vide-poubelles. Il y manque parfois des ombres.

Miami26 A Miami, il faut rouler jusqu'à temps.

Miami25 A Miami, j'ai rencontré des comtes et des marquis. Ils portent beau la belle époque, le beau parlé, le blazer et le ressentiment.

Miami24 A Miami, le design se dessine dans le corsage échancré des femmes.

Miam23i A Miami, ils ont, ils sont, ils prennent, ils vont, respirant à peine, ils dépassent, ils passent, ils privilègent, reprenant leur respiration. A Miami, ils vivent en caste.

Miam22i A Miami, la grandeur est maigre.

Miam21i A Miami, les perspectives sont ailleurs - dans les ombres bordées de rouge des façades excentrées, au bout des corridors qui les traversent de part en part. Il faut comprendre que rien n'est fini dans cette vision, ni les travées qui débouchent sur le vide, ni les voûtes renversées des trouées que laissent les éclats des vitres dans la lumière du soir.
La lumière tombe sur les ombres, les ombres aboutissent sur des vides qui les absorbent. Il faut admettre la violence des anfractuosités qui se répètent de façade en façade et, de bas en haut, dans les reflets blancs et bleus des rêves qui s'effacent, il y a, de bout en bout, un horizon qui rompt et tombe jusqu'au silence qui trouve sa place en nous.

Miam20i A côté de Miami, il y a Miami Beach, tout bétonné d'agréments lisses et de loisirs parvenus. Il suffit de passer les ponts.

Miam19i A Miami, il a une tête de Liberté dans son atelier. Il est généreux. Il tourne les mots cent fois dans sa tête. Le billard est trop facile pour lui, il préfère la compagnie des femmes.

Miam18i A Miami, les rêves tombent comme des mouches.

Miam17i A Miami, elle reviendra, elle sera mon espace et mon effacement, je sentirai son souffle, j'écouterai ses mots, elle me dira sa fragilité et, revenant sur ses pas, à l'envers sur sa vie, elle restera silencieuse et me prendra la main pour m'entrainer dans ses regards souverains. Elle sera une vision. Elle revient, inassouvie du monde.

Miami15 A Miami, les lendemains ne sont jamais sûrs.

Miami14 A Miami, les femmes ont pris de l'avance sur les hommes. Elles ont toujours une paire de ciseaux dans leur sac

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Miami12 A Miami, j'ai retrouvé des amis. Ils étaient au Café Roma. Ils m'ont embrassé comme on le fait au retour d'un long voyage. Nous avons bu un cappuccino saupoudré de cannelle.

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Miami13 A Miami, j'ai lu Connaissance par les gouffres de Henri Michaux. Il écrit : "Le soir, la pluie de mit à tomber. Vienne le déluge ! aspirais-je. Vienne le déluge qui inonde tout ! J'ai une âme, maintenant, pour ce déluge, merveilleusement accordée et plus que Noé, une âme tout autrement accordée au déluge. Ah ! ce qu'on est dupe, dupe à perte de vue." J'ai regardé la pluie tomber.

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Miami11 A Miami, les secrets ne sont pas sûrs. Ils dorment sous des mains tremblantes.

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Miami10 A Miami, l'introspection gagne du terrain... sur une vague ou un coup de vent.

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Miami9 A Miami, à l'approche de l'hiver, les arbres pétillent de malice et sous les flyovers les allées sont vides.

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Miami7 A Miami, les femmes vont par quatre, les hommes par deux. Parfois elles sont trois.

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Miami4 A Miami, l'essentiel est de sortir du bois. Les mains trainent, les lèvres tremblent. Au coin de la rue, un coup de vent relève les cheveux, les masques tombent.

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Miami8 A Miami, à menteur, menteur et demi.

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Miami8 A Miami, les artistes dégringolent des cimaises qu'ils essaient d'accrocher au ciel.
Pauvres artistes !

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Miami2 A Miami, le vent souffle dans les palmes échevelées des rêves disparus.

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Miam5i A Miami, les rendez-vous sont mensuels et les lendemains déchantent. Rencontre qui pourra.

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Miami A Miami, les DJ ont martel en tête.

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Miami3 A Miami, les histoires sont courtes, le rêve à mi-hauteur et le vin chilien.

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Miami2  A Miami, les pommes sont vertes et les p(l)ages blanches.

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