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  • CHANGER LES COULEURS


Elle avance sur la passerelle du ciel, à mi-hauteur de la lumière qui touche les feuillages qu'elle traverse, légère, à l'assaut d'elle-même, attentive à un petit souffle d'air qui lui donne confiance, elle est au milieu de monde, certaine de sa destination.

Elle fredonne et chaque pas lui apporte la suite de son plaisir, elle est en aparté avec le devant de sa vie où les ombres ont disparu, elle passe dans des couleurs qui n'étaient pas les siennes, où elle se reconnaît, elle est au milieu du monde, certaine de sa destination.

Elle danse dans un essaim d'étoiles, elle danse les pieds nus sur le sol du ciel qui ne cesse de la refléter à elle-même et elle aime cette dispersion répétée de son image dans les nébuleuses noires de ses yeux, elle est au milieu du monde, certaine de sa destination.

Elle s'offre à qui passe devant elle et qui passe se perdra dans le tain de son miroir, en gardera un pincement des sentiments, un léger voile d'inachevé dans le regard, un doute. Elle s'offre, ouverte effrontément, elle est au milieu du monde, certaine de sa destination.

12/07/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • CIRCONSTANCES NATURELLES



Cette part irréductible en nous d'un ciel nu qui n'aurait sa place que parce qu'il occupe notre mémoire, cette mémoire des faits et des êtres qui s'efface en bloc laissant un vide bleu, trop grand pour le saisir tout entier, trop haut même pour juste le toucher, des pans entiers qui disparaissent précipités vers le bas dont nous ne garderons rien, cette part gagne sur nous-mêmes, de réminiscence en négligence, d'arrière-goût en abandon.

Nous cédons trop facilement nos confidences contre un peu de silence. Forcément nous y perdons au change. Nous inventons des principes de précaution qui nous barrent la route, littéralement. Nous tombons dans nos pièges et la vie est une ligne droite brisée, la vie prise à contre-courant, devenue trop familière jusque dans nos imprudences. C'est un leurre ce ciel, une défaite qui s'ajoute à nos déroutes, une histoire mal finie. Une part de vide.

Une part en nous qui serait une induline inépuisable, profonde et noire sur ses rives, qui nous dirait les instants du bonheur et du malheur, qui serait le seul chemin, qui serait le début et la toute fin de nos sentiments. Mais quel bonheur ? Mais quel malheur ? Quel petit malheur justifierait ainsi la rémission de nos peines, l'indulgence ou l'oubli ?  Mais quel bonheur qui nous lancerait en avant et ferait oublier que le vide s'emplit de nos rêves morts ?

19/06/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • TRIO INSTRUMENTAL


L'instrument est de première importance, choisi, puis les couleurs, des visions de couleur, une foule de pressentiments indistincts, des aplats bleus, noirs, des traînées blanches, traces de corps en mouvement, l'intuition de leur naissance matérielle, des yeux en simulacre, une perspective de dégradés hallucinés, des éruptions d'or et d'écarlate, des couleurs en silhouettes démembrées jetées par éclats qui les dispersent selon des trajectoires irrépressibles et un seul instrument pour les décrire et les agencer. Il s'agit de combler les nus et les vides.

Nous ferons quelques pas au déambulatoire de nos silences dans la nuit sous un ciel étoilé. Cette marche le long des abysses est essentielle, elle nous préserve de tomber. Nous grandirons et les moments perdus de nos adolescences surgiront opportunément pour nous faire oublier que le temps qui reste est compté. Puis quelques pas encore, de côté, en décalé, un piano nous accompagne, répété, redistribuant les sentiments selon des prosodies magiques, reproduites sur elles-mêmes, longues, parsemées d'étreintes et de délaissement, ourlées de nos attentes ou bien des peurs de les perdre.

Retour à l'instrument, retour aux couleurs. Voici le mouvement prolongé des couleurs et de leur réverbération. Voici les reflets répercutés sur les pans noirs de la terre. Voici le corps à corps du relief et des nuances. Voici la course du bas vers le haut des teintes utérines du monde. Voici l'effervescence du bleu sur le bleu. Voici l'insurrection des ocres sur un ciel transparent. Voici le feu montant. Nos yeux sont éreintés, pleins de cette exubérance qui trouvera sa place, finalement. Et l'instrument est le même qui soulève et qui plie, qui détoure et qui emplit, qui voit et dit. Qui trouvera sa place !

11/06/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • QUELQUES PISTES


Trois lieux de mes mythologies et de ce qui en décida :
Les couleurs, à l'origine d'Albuquerque ;
Le pas, à l'origine d'Uzès ;
L'instrument, à l'origine de St Eustache.

La fidélité est dans le jeu de pistes.

25/05/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • A LA FENÊTRE


Au bord du jour, à la lisière incertaine d'une lumière retenue par la glace, l'éclat souverain du feu sur le ciel jaillit dans un éclat plus grand qui l'entoure, jaillit et fuse sur cette terre à mi-chemin de nos aventures. Majesté du feu.
Au seuil d'un monde qui s'ouvre, bleuit, rugit, dans un mouvement du bas vers le haut, le vent - soudain un vent plus léger que le printemps - soulève la lumière, irradie son centre, transmue les couleurs en incandescence, donne la ligne insoupçonnée de sa naissance.

25/05/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • PRESQUE TOUT, RIEN - PRESQUE RIEN, TOUT


Question ontologique : la disparition en soi et de l'existence du tout et du rien.
Après, pour changer d'air, faire une longue marche sur le sable, à l'aller : plein-vent, au retour : soleil déclinant. Trouver quelques grains de café, les compter du bout des doigts au fond de la poche et les oublier.

15/05/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • UNE GRANDE AFFAIRE



Les couleurs adviennent au passage d'un souffle d'air, à petits pas. Les plus claires dressent une frontière avec ce qui reste du ciel visible. Les plus sombres, peu nombreuses, se fondant bientôt dans le noir souverain, figurent un seuil, le seuil vers le silence. Le noir est silence. Entre les deux, des sarabandes à trois temps, légères, échevelées d'amandine dorée et d'organdi pourpre où il fait bon poser les lèvres. Voilà le vent qui se lève, met du désordre et de la joie dans un grand geste lumineux jusqu'au prochain soupir.

14/05/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • L'AVENTURE AU FOND DE LA COUR

La grande prison existentielle, mal fermée, pour cette soupe à la grimace servie de très haut, à califourchon sur l'extase, quand le délire est à bout de main et de lèvres, les yeux hallucinés à la recherche d'un réconfort, cris brandis du corps et du cœur, le cœur tapant en soi dans un profond silence.

13/05/2009 | Lien permanent | TrackBack (0)

  • PROMO, PUB, TAM-TAM...


        Tous mes livres sont là : Bookedition.com

        L'instrument est toujours le même qui donne la matière et la forme.

29/04/2009 | Lien permanent

  • EXERCICE


Décompte les mots que tu écris, détruis ceux qui sont de trop.

Sacrifie l"incertain, le maladroit, le douteux.
Efface ! Efface ! Efface !
Fais de la distance une règle.
Principal instrument : une gomme.

28/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0)

  • LA FORCE DES CHOSES


Entrez par cette porte étroite, résultat d'un moindre mal, d"une histoire sans suite et sans le pas que vous faites de côté - pour voir en latéral - vous ne pourriez vous défaire de ce rêve bourlingué, plastiquement inerte, innervé, jusqu'à cracher un peu de sang.
Et tout bascule.
Placer vos mots à bon escient, donner vos cris, balancer vos hurlements !
La porte étroite est toujours la même
: éruptive. Ne faites plus semblant, entrez et donnez lui ce qu'elle attend.

27/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0)

  • CLASSEMENT SANS SUITE

Le grain à moudre, obsidienne des bleus désirs, venue fantasque du premier rôle.
La nuit grandit. Cette victoire !
Les alignements bouleversés du silence. Victoire ! Victoire !
Sur l'esplanade, le vent frise les dernières flaques. Il a plu cette nuit.
Et la nuit prochaine ?
Avez-vous encore le temps de danser ?

15/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

  • COULEURS


C'est très vague, un décrescendo triste, un écho dans la lumière, suivi d'une montée limpide, un fond de ciel lumineux dans une fin d'après-midi entouré d'orages tus, où nous passions et nos adolescences à bout de souffle, encore un instant allongés dans l'herbe haute des talus, ce temps retenu de toutes nos forces qui n'en finissait pas de disparaitre, qui avait disparu qui était en nous, à la pointe de notre vie.

15/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

  • INSTANT PREMIER


A genoux ! Terriblement à genoux ! Nouvelle venue, la femme qui tombe dans ses bras - littéralement - tombe dans ses bras. Elle serait sans conscience. Pire : morte !
Presque rien sur elle, des mains fines et ses lèvres rouges, une poitrine de moineau, essoufflé ! La peur !

14/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

  • APPARTENANCE


Sur tous les registres, un risque diablement bleu, mais des bleus du ciel lavé de l'orage, infiniment relevé. Il n'y a plus de journal, mais une forme, un pas, des couleurs, un instrument lancé du désir.

13/04/2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

  • CALME ET VOLUPTÉ


Le pas placé à même la terre pour avancer simplement de boucle en tertre, de détour en sentier, au plus imaginaire des sentiments, en droite ligne franche, le pas qui ne réserve pas sa force, irréductible à son élan, un pas de plus pour mesurer le ciel, franchir l'absence en nous des rives d'autrefois, des adolescences défaites, un pas de plus pour grandir contre l'orage, une façon de l'étirer pour sentir son poids de place en place. Absolutisme du pas.

07/03/2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

  • DE L'IMMOBILITE


Entre nous les apparences persistent, frauduleuses, intempérantes, et sous les signes que nous échangeons, de bas signes, se cachent des voix qui tentent l'impossible : se reprendre. Mais ces voix sont les nôtres, toutes abasourdies de ce qu'elles taisent. Présomption d'innocence, courte présomption qui précipitera notre chute.

Viendront d'autres signes - des mots, des gestes, des emballements, des atermoiements - et d'autres voix qui nous rendront justice de nos erreurs car nous nous sommes trop souvent défiés, en pure machination qui tourne à vide.

Sortons vite prendre un coup de frais, écouter le piano versatile de Monk, sortons vite !

18/02/2009 | Lien permanent

  • PERCEPTION


L'arbre plié bouscule les arrangements entre la terre et le ciel, il accroche l'horizon. Une formidable poussée le maintien dans une infraction patente, il va mourir. Rien ne le presse de disparaitre, ses branches mortes effeuillent son entourage, il taquine et vitupère les restes vivants de lointaines frondaisons. Il est bien seul.

Partie perdue, peine perdue, la lumière ne l'entoure plus. L'aile amarante d'un oiseau nicheur d'étoiles est sa dernière raison de résister.

29/01/2009 | Lien permanent

  • TRANSPARENCE A SUIVRE


Nouveauté, ballade blanche sur fond noir, détournement d'excès, parcimonie immédiate. En devanture des mots tracés de près sur des murs d'illusion. Retournement de la matière, grandeur du toucher.

28/01/2009 | Lien permanent

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