L'avenue est vide. Le feu ne tarit pas la nuit. Il invente les rires et les blessures du matin.
On ne passe plus et on passait encore. Il y faut un pas tranquille et des mains ouvertes. Nous serions bousculés. Qu'importe puisque nous étions à l'abri parmi tous.
Elle brandit son livre pour attirer mon regard. Par la fenêtre ouverte, j'ai vu son bras, sa main, le livre. Je me dis que la réalité n'est jamais donnée comme telle. Elle est belle aussi, son visage dans l'ombre.
Plusieurs parts en nous décident de ce que nous voyons et de ce qui restera quand nous en parlerons. A ces absences, nous ajoutons nos oublis. Mais rien n'est effacé vraiment.
Croisons les doigts au moins une fois. Sans garantie quant au résultat. Cela fait passer ce moment délicat à passer qui renvoie à ce que nous étions.
Ce n'était pas à Delhi, mais à Mumbay. Le feu fusait du ciel malgré le soir venant. J'ai coupé l'auto-radio. J'ai attendu adossé à la portière. Puis un courant d'air, une nouvelle fraicheur m'a poussé plus loin. J'ai pris le ciel sur moi, tout le ciel d'un coup.
"Homogénéité culturelle, historique, tel est le destin de l'homme.
Hétérogénéité naturelle, originaire, tel est le destin de l'art.
La fragmentation est l'âme de l'art."
Pascal Quignard (Les ombres errantes - Dernier royaume, I)
Dans les couleurs des tissus et des étoffes, au fond de leurs entrelacements, il y a les épices les plus forts dont les saveurs sont comme le début de la mort.